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Les journaux d’écrivains : questions génériques et éditoriales

21, 22 et 23 octobre 2010
MSH-Alpes

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Colloque international organisé par l’équipe Traverses 19/21 (CESR, avec la collaboration d’E.CRI.RE)

Responsable scientifique : Cécile Meynard

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Étudier les manuscrits des journaux d’écrivains amène à se poser maintes questions, en premier lieu celle des genres (journal, mémoires, autobiographie, en particulier, mais aussi théâtre, roman, récit de voyage, essai, etc.) et de leur interpénétration dans ce type d’écrits. Cette étude peut amener aussi à s’interroger sur la réception des journaux (il convient ainsi de s’intéresser à la fameuse affirmation au sujet du « moi » qui serait le premier destinataire » du journal) et sur la notion d’ « intime », qui depuis la fin du XIXe siècle a souvent influencé la critique dans son appréhension des journaux d’écrivains, mais est aujourd’hui remise en cause pour nombre d’entre eux.

La définition traditionnelle du journal par sa datation et son respect d’une forme de chronologie peut s’avérer problématique, et se voit parfois remise en cause par l’observation minutieuse des pages manuscrites, ouvrant de nouvelles perspectives pour la réflexion sur les genres du journal et de l’autobiographie. Le contenu de ces journaux pose également question : journal intime, littéraire, de formation, voire journal d’une œuvre... Les pratiques des écrivains qui parfois entremêlent les notations de nature et statut différents, parfois les séparent par l’emploi de supports (carnets, cahiers, etc.) bien distincts, seront également étudiées.

Se pose aussi bien entendu de façon cruciale la question de l’édition de ce type de textes qui par leur nature même ne sont pas initialement destinés à être publiés. Est-il possible de limiter l’arbitraire dans les choix éditoriaux ? Permettant de confronter différentes éditions d’un même texte, le colloque sera aussi l’occasion pour des éditeurs scientifiques de présenter et justifier les solutions qu’ils ont eux-mêmes adoptées.

La génétique des textes sera mise à contribution car elle permet de cerner avec précision certaines caractéristiques profondes, et parfois insoupçonnées, des « journaux », qui bien souvent disparaissent lors de leur publication du fait de choix éditoriaux nécessaires mais introduisant une normalisation : comment l’éditeur peut-il gérer le respect ou le non-respect de la chronologie par l’écrivain, la tenue de plusieurs journaux (voire de journaux et de carnets) en parallèle, chacun étant affecté à une thématique donnée et ayant un statut différent, la notion de « journal d’une œuvre », le désordre et le mixage générique au sein d’un même ensemble de pages, voire sur une page donnée, le travail éventuel de l’écrivain sur son journal en vue de sa publication (introduction d’un « ordre », d’une logique, réécriture faisant du journal un avant-texte, (auto -) censure…) … ?

Des conférenciers de plusieurs pays (France, Irlande, Belgique, Italie, Espagne, Canada, Brésil…) interviendront sur des journaux d’écrivains français mais aussi étrangers (auteurs canadiens, japonais, italiens, etc.), ce qui permettra d’établir des points de comparaison entre les pratiques diaristes dans différentes littératures, et de faire le point sur la critique, mais aussi sur les pratiques éditoriales dans ce domaine au niveau international. Par ailleurs, ce colloque se veut également transversal du point de vue chronologique, puisque seront évoqués des auteurs du XVIIIe au XXe siècle.

Les différentes communications seront organisées selon plusieurs axes reflétant la richesse du thème : à partir d’un état des lieux sur les origines et sur la pratique du journal en France mais aussi en Angleterre, au Japon et en Belgique, il s’agira de s’interroger sur l’écriture de soi comme laboratoire de l’œuvre, avant de souligner les questions génériques et éditoriales soulevées par le journal d’écrivain, pour finir par un élargissement sur la thématique du témoignage de soi comme témoignage du monde. Ce colloque permettra ainsi de faire une synthèse sur la recherche internationale dans le domaine, grâce à l’intervention de nombreux spécialistes de la question, mais aussi en s’ouvrant aux travaux de jeunes chercheurs, et aux réflexion des éditeurs eux-mêmes.

Les communications, d’une durée de 20 minutes, devront se faire en français, ou en anglais. Une publication des actes est prévue (15 janvier 2011 : remise des textes définitifs).