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Des "passeurs" entre science, histoire et littérature

Contribution à l’étude de la construction des savoirs (1750-1840)


A. Guyot et G. Bertrand (CHRIPA) dir., Grenoble, ELLUG, 2011, 236 p.

Le tournant des XVIIIe et XIXe siècles voit émerger des figures de gens de savoirs qui ont permis à la science, à l’histoire et à la littérature de nouer un dialogue constant et fructueux. Ces personnalités sont d’autant plus intéressantes que savoirs et pratiques scientifiques en sont alors à constituer le processus de leur spécialisation. Étudier ces « passeurs » du tournant des Lumières nous fournit des clés de lecture pour comprendre les relations complexes entretenues par la science et la littérature dans ce moment décisif, ainsi que l’articulation des différents champs, leurs interactions à travers les écrits, l’influence et les variations qu’ils induisent dans le style des auteurs.
Dans le contexte des Lumières, qui pensent la connaissance en termes encyclopédiques, les auteurs auxquels ce volume s’attache ne peuvent dissocier le point de vue scientifique qu’ils entendent développer d’une pratique exploratoire, d’ordre narratif et subjectif, et d’une vision du monde, d’ordre philosophique, esthétique ou métaphysique. C’est dans cette perspective que les spécialistes de littérature, de géographie, de philosophie, d’histoire de la culture et des sciences, qui ont participé à la présente réflexion, analysent les figures de D’Alembert, Bernardin de Saint-Pierre, Pizzi, Reichardt, Cabanis, Ebel, Michaud et Humboldt, entre autres. Ils interrogent la formation classique qu’ils ont reçue, les outils rhétoriques dont elle les a pourvus, les lectures qui les ont influencés, mais aussi leur positionnement social tout comme le statut littéraire et épistémologique de leurs écrits. Le souci que ces « passeurs » ont manifesté de ne jamais dissocier l’approche scientifique d’une perspective humaniste nous aide à penser notre manière d’aborder les objets de la connaissance au XXIe siècle.

L’ouvrage se présente comme une série de monographies disposées sous une forme chronologique entre 1750 et 1840, et complétées par la première traduction française d’une étude de F. Orlando sur Ramond de Carbonnières.